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Actualizado el 28 de agosto de 2026

Critère environnemental dans les marchés publics : ce qui change pour votre candidature

<p>Le 22 août 2026, l'article 35 de la loi Climat et Résilience est entré en vigueur. Pour les entreprises candidates, le changement est concret : votre offre est désormais notée sur ses caractéristiques environnementales, quelle que soit la taille du marché. Un mémoire technique qui traite le sujet en trois lignes déclaratives perd des points face à un concurrent qui apporte des chiffres vérifiables.</p><p>Ce guide n'explique pas la loi aux acheteurs. Il répond à la question que se pose une PME qui doit rendre une offre la semaine prochaine : qu'est-ce que je dois écrire, où, et avec quelles preuves.</p>

Depuis le 22 août 2026, l'article 35 de la loi Climat et Résilience n° 2021-1104 impose que tout contrat de la commande publique intègre au moins une considération environnementale dans ses conditions d'exécution, et qu'au moins un critère d'attribution porte sur les caractéristiques environnementales de l'offre. Le prix ne peut plus être retenu comme critère unique. Ces règles s'appliquent aux consultations dont l'avis de publicité ou le dossier de consultation est lancé à compter du 22 août 2026, quelle que soit la valeur estimée du marché, à l'exception des marchés de défense ou de sécurité.

Deux choses différentes que presque tout le monde confond

C'est l'erreur la plus fréquente, et elle coûte cher parce qu'elle conduit à écrire la bonne information au mauvais endroit.

La condition d'exécution environnementale est une obligation que vous devrez respecter pendant toute la durée du marché. Elle figure au CCAP ou au CCTP. Elle ne se négocie pas et ne rapporte aucun point : vous vous y engagez, point. En revanche, ne pas la respecter en cours d'exécution peut déclencher des pénalités.

Le critère d'attribution environnemental, lui, est noté. Il figure au règlement de consultation, avec une pondération. C'est là que vous gagnez ou perdez des points face aux concurrents. C'est ce critère qui devient obligatoire depuis le 22 août 2026.

Concrètement : la condition d'exécution se traite dans la partie méthodologie de votre mémoire, en montrant comment vous l'appliquerez. Le critère d'attribution se traite dans une partie dédiée, avec des indicateurs chiffrés qui vous démarquent.

Comment savoir laquelle est laquelle

Ouvrez le règlement de consultation et cherchez le tableau des critères de jugement. Si l'environnement y figure avec un pourcentage, c'est un critère noté. Ouvrez ensuite le CCAP et le CCTP et cherchez les mots environnement, déchets, émissions, produits. Ce que vous y trouvez relève des conditions d'exécution.

Les deux peuvent coexister sur le même marché, et c'est même désormais le cas le plus fréquent.

Ce que l'acheteur peut noter, et ce qu'il ne peut pas

Une décision du tribunal administratif de Caen du 3 août 2026 a précisé une limite importante. Un critère environnemental doit être lié à l'objet du marché ou à ses conditions d'exécution. Il ne peut pas servir à apprécier la politique environnementale générale de l'entreprise.

La conséquence pour votre mémoire est directe : un paragraphe sur votre engagement RSE global ne rapporte rien. Ce qui rapporte, ce sont les éléments rattachés à la prestation elle-même.

Dans cette affaire, portant sur un accord-cadre de fourniture de bacs et de bornes à biodéchets, le tribunal a admis comme rattachables à l'exécution du marché : les déchets générés, les matières utilisées et recyclées, les distances d'approvisionnement, ainsi que la garantie, la durée de vie et la réparabilité des produits.

Retenez la logique : plus votre indicateur est proche de ce que vous allez livrer, plus il est solide.

Les quatre questions à se poser avant d'écrire une ligne

Avant de rédiger, ouvrez le dossier et répondez à ces quatre questions. Elles déterminent tout le reste.

Le règlement de consultation impose-t-il une caractéristique environnementale du produit, du service ou du procédé ? Si oui, c'est une exigence de régularité : ne pas y répondre peut rendre l'offre irrégulière, indépendamment de la note.

Le critère environnemental est-il noté, et les sous-critères sont-ils détaillés ? Les sous-critères vous disent exactement ce qui rapporte des points. S'ils existent, structurez votre réponse dans le même ordre, avec les mêmes termes.

Le CCAP ou le CCTP prévoient-ils une obligation pendant l'exécution ? Ces engagements deviennent contractuels à l'attribution. Ne promettez que ce que vous tiendrez.

Le dossier précise-t-il la pièce, l'indicateur, la fréquence et le responsable du contrôle ? Si oui, reprenez ce cadre à l'identique. Si non, proposez-le vous-même : c'est un différenciateur, peu de candidats le font.

Ce qui fait gagner des points, ce qui en fait perdre

La différence entre une réponse notée haut et une réponse notée bas tient rarement à la longueur. Elle tient à la vérifiabilité.

Ce qui rapporte : un indicateur chiffré avec sa base de calcul et sa période, une certification citée avec sa date de validité, un livrable de suivi remis à l'acheteur avec sa fréquence, un engagement daté quand la démarche est en cours.

Ce qui ne rapporte rien : l'affirmation d'être respectueux de l'environnement, une certification mentionnée sans échéance, un pourcentage sans référentiel, un objectif sans horizon, un copier-coller de politique RSE valable pour n'importe quel marché.

Un exemple concret de reformulation. Au lieu d'écrire que vous êtes certifié ISO 14001, écrivez que vous êtes certifié ISO 14001 valide jusqu'au 12 mars 2027, et précisez ce que cette certification couvre pour la prestation concernée. La précision rassure l'évaluateur et se vérifie en un coup d'œil.

Si vous n'avez aucun chiffre

Beaucoup de TPE et PME n'ont pas de bilan carbone ni d'indicateur formalisé. Ce n'est pas éliminatoire, à condition de ne pas inventer.

La bonne réponse est un engagement de moyens précis : ce que vous faites concrètement, à quelle fréquence, avec quel livrable remis à l'acheteur. Un tri sur chantier avec bennes séparées et bordereaux de suivi transmis chaque mois vaut mieux qu'un taux de valorisation sorti de nulle part. Un chiffre inventé qui se révèle faux en cours d'exécution vous expose bien plus qu'une absence de chiffre.

Où placer tout cela dans le mémoire technique

Si le règlement de consultation impose un cadre de mémoire, respectez-le à la lettre : un cadre imposé prime toujours, et ajouter une section non prévue peut rendre l'offre irrégulière. Dans ce cas, intégrez les éléments environnementaux à l'intérieur des sections existantes les plus pertinentes, généralement la méthodologie et les moyens.

Si aucun cadre n'est imposé, prévoyez une partie dédiée aux engagements environnementaux, placée après la méthodologie. Elle doit répondre point par point aux sous-critères du règlement de consultation, et rester rattachée à la prestation.

Dans les deux cas, vérifiez la pondération du critère au règlement de consultation avant de doser le volume. Un critère à 10 % ne justifie pas dix pages, un critère à 30 % ne se traite pas en un paragraphe.

Le prix n'est plus un critère unique

C'est l'autre conséquence de l'article 35, moins commentée mais structurante. Un acheteur qui retenait le prix comme critère unique ne le peut plus. Lorsqu'un critère unique est utilisé, il doit désormais s'agir du coût, apprécié selon une approche globale pouvant intégrer le cycle de vie.

Pour une PME, c'est plutôt une bonne nouvelle. Le moins-disant pur perd du terrain, et la qualité de la réponse technique pèse mécaniquement davantage. Encore faut-il que cette réponse soit chiffrée et vérifiable, ce qui nous ramène au point précédent.

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