Maître AO
Lumina Systèmes
Temps de lecture : 10 min
Mis à jour le 5 avril 2026

Mémoire technique voirie & signalisation routière pour marchés publics

Les marchés publics de voirie et de signalisation routière représentent un volume considérable de commande publique : travaux neufs de chaussées, entretien et réfection de voirie, marquage routier, signalisation verticale et horizontale, aménagements de carrefours et de zones de circulation. Ces marchés exigent une maîtrise des techniques routières, une connaissance approfondie des normes (NF EN 13108, NF P 98-150, NF EN 1436) et la qualification Qualiroute, devenue un standard de référence pour les entreprises routières.

Enrobés bitumineux : formulation, mise en œuvre et contrôle qualité

La maîtrise des enrobés bitumineux est le cœur de métier des entreprises de voirie. Le mémoire doit démontrer une compétence technique complète, de la formulation à la réception.

Types d'enrobés et dimensionnement des chaussées

Le mémoire doit présenter la maîtrise des différents types d'enrobés conformes à la norme NF EN 13108 : BBSG (Béton Bitumineux Semi-Grenu) pour les couches de roulement structurantes, BBM (Béton Bitumineux Mince) pour les routes à trafic moyen, BBTM (Béton Bitumineux Très Mince) pour l'entretien, EME (Enrobé à Module Élevé) et GB (Grave Bitume) pour les couches d'assise à fort trafic. Le dimensionnement structural suit la norme NF P 98-082 et le catalogue SETRA/CEREMA des structures types. Le choix de la structure de chaussée dépend de la classe de trafic (T5 à TEX), de la portance de la plate-forme et de la zone de gel.

Atelier de mise en œuvre et compactage

L'atelier de mise en œuvre est un critère d'évaluation majeur. Le mémoire doit détailler : le finisseur (marque, largeur de table, système de chauffage, guidage automatique), l'atelier de compactage (nombre et type de cylindres : vibrants, pneumatiques, mixtes), les engins d'approvisionnement (camions benne, alimentateur) et les moyens de contrôle en continu (thermographie infrarouge, compactomètre embarqué). La norme NF P 98-150-1 définit les conditions de mise en œuvre : température minimale de répandage, épaisseur de couche, joints longitudinaux et transversaux, raccordement aux ouvrages existants. Les conditions météorologiques d'intervention (pluie, gel, vent) doivent être précisées.

Contrôle qualité et essais de réception

Le plan de contrôle qualité doit couvrir toutes les étapes : contrôle des matériaux à la centrale d'enrobage (formulation, température, teneur en liant), contrôle de mise en œuvre (épaisseur, compacité, uni longitudinal) et essais de réception (carottages, mesure de compacité Marshall, contrôle d'adhérence au pendule SRT). Les seuils de conformité sont définis par le CCTP et les normes d'essai (NF EN 12697 série). Le mémoire doit présenter le laboratoire de contrôle (interne ou externe) et les procédures de traitement des non-conformités.

Signalisation routière : marquage, panneaux et dispositifs de sécurité

La signalisation routière garantit la sécurité des usagers. Sa mise en œuvre est encadrée par des normes strictes et une réglementation spécifique.

Marquage routier et signalisation horizontale

Le marquage routier doit être conforme à la norme NF EN 1436 (performances pour l'usager : rétroréflexion, luminance, adhérence) et à l'Instruction Interministérielle sur la Signalisation Routière (IISR). Le mémoire doit présenter les produits maîtrisés : peinture routière (époxy, acrylique), enduits à chaud (thermoplastiques), bandes préformées et résines. Les critères de performance sont la rétroréflexion (RL en mcd/m²/lux), la durabilité et l'adhérence (SRT). L'application nécessite des machines de traçage spécifiques (automotrices, airless) et des conditions d'application maîtrisées (température du sol, hygrométrie).

Signalisation verticale et dispositifs de retenue

La signalisation verticale doit respecter la norme NF EN 12899-1 (panneaux fixes) et le marquage CE. Le mémoire doit couvrir : les panneaux de police, de danger et de direction, les supports et massifs de fondation, les dispositifs rétroréfléchissants (classe RA1, RA2, RA3), et la pose conforme à l'IISR. Les dispositifs de retenue (glissières métalliques NF EN 1317, béton) nécessitent une qualification spécifique. Le mémoire doit également aborder la signalisation temporaire de chantier conforme au livre I, 8e partie de l'IISR : balisage, signalisation d'approche, signalisation de position.

DICT, AIPR et gestion des réseaux

Toute intervention sur la voirie impose la gestion des réseaux enterrés. La DT-DICT (Déclaration de Travaux / Déclaration d'Intention de Commencement de Travaux) est obligatoire avant tout terrassement. L'AIPR (Autorisation d'Intervention à Proximité des Réseaux) est exigée pour les conducteurs d'engins, les suiveurs de travaux et les encadrants. Le mémoire doit présenter le pourcentage de personnel titulaire de l'AIPR, les procédures de marquage-piquetage des réseaux, les techniques de terrassement à proximité des réseaux sensibles (gaz, électricité, télécom) et les clauses techniques de protection. Le non-respect de la réglementation DICT engage la responsabilité pénale de l'entreprise.

Organisation de chantier, environnement et qualifications

La gestion d'un chantier de voirie requiert une organisation rigoureuse et des qualifications professionnelles spécifiques.

Planning, phasage et gestion du trafic

Le mémoire doit présenter un planning détaillé avec le phasage des travaux : terrassement, couche de forme, assise, couche de roulement, signalisation. La gestion de la circulation pendant les travaux est critique : plan de circulation provisoire validé par la police municipale, signalisation temporaire conforme, maintien des accès riverains, information des usagers. Les contraintes d'intervention (travaux de nuit, restrictions horaires, périodes d'exclusion) doivent être intégrées. Le CCAG Travaux impose des pénalités de retard qu'il convient d'anticiper dans le planning.

Qualiroute et qualifications professionnelles

La qualification Qualiroute est la référence pour les entreprises de travaux routiers. Elle atteste de la compétence technique et des moyens de l'entreprise dans les domaines : enrobés à chaud, enduits superficiels, marquage routier, assainissement de voirie, terrassement. Le mémoire doit mentionner les qualifications détenues, leur périmètre et leur date de validité. Les qualifications FNTP et les certifications OPQIBI (pour les études) complètent le dispositif. Le personnel d'encadrement doit justifier de formations spécifiques : AIPR, habilitations électriques (proximité éclairage public), CACES engins de chantier.

Démarche environnementale et gestion des déchets

Les chantiers de voirie génèrent des volumes importants de déchets : fraisats d'enrobés, terres de déblai, gravats. Le mémoire doit présenter la politique de recyclage : recyclage des fraisats en centrale d'enrobage (incorporation dans les nouvelles formulations), valorisation des terres, traçabilité des déchets (bordereaux de suivi BSD). La réduction des nuisances est un critère croissant : bruit (travaux de nuit), poussières (arrosage), vibrations (compactage à proximité d'habitations). Le bilan carbone des enrobés tièdes et des techniques à froid est un argument de différenciation environnementale. La charte environnement FNTP est un atout.

Questions fréquentes

Guides associés

Prêt à gagner plus de marchés ?

Rejoignez les PME qui répondent 3x plus vite aux appels d'offres.

Commencer gratuitement

1 projet gratuit • Sans engagement • Configuration en 2 minutes